Électricien contrôlant un télérupteur modulaire dans un tableau hors tension
Guide électricité Belgique

Comment brancher un télérupteur ?

Bornes 1, 2, A1 et A2, boutons-poussoirs, montage 4 fils et ancien montage 3 fils : voici le câblage expliqué circuit par circuit.

Mis à jour le 17 juillet 2026Lecture : 14 minutes
Réponse immédiate

Un télérupteur sépare le circuit de puissance, qui alimente la lampe via son contact, du circuit de commande, où les boutons-poussoirs en parallèle envoient une impulsion à la bobine.

1 / 2contact de puissance
selon le modèle
A1 / A2bornes de la bobine
de commande
16 A max.protection habituelle d’un
circuit d’éclairage belge

À quoi sert un télérupteur et comment fonctionne-t-il ?

Le télérupteur est pertinent lorsqu’un même éclairage doit être commandé depuis trois endroits ou davantage : couloir, cage d’escalier, grand séjour, garage avec plusieurs accès ou bâtiment professionnel. Un va-et-vient convient très bien à deux points de commande, mais devient moins pratique à étendre. Avec un télérupteur, chaque nouveau bouton-poussoir se raccorde simplement en parallèle sur le circuit de commande.

À l’intérieur de l’appareil se trouvent deux fonctions distinctes. La bobine reçoit une brève impulsion lorsque l’on appuie sur un poussoir. Cette impulsion fait basculer un mécanisme bistable : le contact de puissance se ferme si la lampe était éteinte, ou s’ouvre si elle était allumée. Une fois le bouton relâché, l’état reste mémorisé mécaniquement ou électroniquement. La bobine n’a donc pas besoin d’être alimentée en permanence.

Trois boutons-poussoirs commandant plusieurs luminaires par un télérupteur au tableau
Plusieurs boutons-poussoirs peuvent commander le même éclairage. L’illustration explique le principe ; le schéma de câblage précis se trouve plus bas.
Commande

Une impulsion brève

Les poussoirs sont des contacts momentanés normalement ouverts. Ils ne restent pas enclenchés après l’appui.

Puissance

Un contact stable

Le contact du télérupteur conserve son état et alimente ou coupe le retour vers les luminaires.

Comprendre les bornes 1, 2, A1 et A2 avant de câbler

Le schéma imprimé sur le côté du télérupteur est la première source à consulter. Sur de nombreux modèles unipolaires, les bornes 1 et 2 correspondent au contact de puissance, tandis que A1 et A2 alimentent la bobine. Mais la numérotation du contact peut aussi être 1–4, 11–14 ou adopter un autre repérage. De même, le constructeur peut placer la phase de commande sur A1 ou A2 selon la référence et le montage retenu.

Repère courantFonctionCe qu’il faut vérifier
1 ou 11Entrée du contact de puissance, souvent alimentée par la phase protégée.Le petit schéma de contact imprimé sur l’appareil.
2, 4 ou 14Sortie commutée vers le retour lampe.La continuité du contact uniquement hors tension et selon la notice.
A1 / A2Extrémités de la bobine de commande.Sa tension nominale : 230 V, 24 V ou 12 V selon le modèle.
S, Y1 ou symbole poussoirEntrée de commande propre à certains télérupteurs électroniques.Le schéma constructeur : ne pas transposer un câblage électromécanique.

Règle absolue : le dessin ci-dessous est un exemple générique de télérupteur 230 V à contact 1–2. Si le schéma de votre référence indique une autre affectation, le schéma du fabricant est prioritaire. Ne devinez jamais une borne d’après sa position physique.

Sécurité et RGIE belge : les points à respecter

Un télérupteur modulaire se monte généralement dans le tableau, à proximité de conducteurs actifs et de protections principales. Ce travail expose à un risque réel d’électrocution, d’arc et d’incendie. La notice Schneider Acti9, par exemple, réserve explicitement l’installation à un électricien qualifié et impose la coupure avant intervention. Si vous n’êtes pas habilité à travailler dans un tableau, faites réaliser le raccordement et les mesures par un professionnel.

  1. Identifier le circuit et couper son alimentation. Si l’identification n’est pas certaine, couper le dispositif général et empêcher toute remise sous tension accidentelle.
  2. Vérifier l’appareil de mesure sur une source connue, puis contrôler l’absence de tension avec un vérificateur bipolaire adapté sur tous les conducteurs concernés.
  3. Contrôler la section, la protection et les couleurs. Pour un circuit d’éclairage domestique en Belgique, le RGIE impose usuellement au minimum 1,5 mm² et une protection maximale de 16 A.
  4. Préserver le conducteur de protection. La terre doit parvenir aux points lumineux, même lorsqu’un luminaire de classe II ne l’utilise pas immédiatement.
  5. Serrer au couple prescrit, vérifier qu’aucun cuivre ne dépasse et remettre les écrans du tableau avant les essais sous tension.
phase : couleur autorisée hors bleu et vert/jaune neutre : bleu protection : vert/jaune commande : repérage distinct conseillé

La couleur ne prouve jamais la fonction d’un fil, surtout en rénovation. Le bleu est réservé au neutre et le vert/jaune au conducteur de protection ; les autres conducteurs doivent être identifiés par mesure et par traçage. Ne réutilisez pas un vert/jaune comme retour ou commande, même en ajoutant un ruban de couleur.

Schéma de branchement d’un télérupteur 4 fils en 230 V

Le montage 4 fils sépare clairement le neutre, la phase permanente, le retour lampe et le retour des poussoirs. Dans l’exemple ci-dessous, la phase issue du disjoncteur alimente l’entrée 1 du contact et un côté de tous les poussoirs. Leur autre côté est regroupé vers A1. A2 rejoint le neutre. La sortie 2 alimente la phase commutée des luminaires, dont le neutre retourne directement au bornier neutre.

Schéma générique d’un télérupteur quatre fils 230 volts Phase vers borne 1 et boutons-poussoirs, sortie 2 vers lampe, retour des poussoirs vers A1 et neutre vers A2 et lampe. Exemple 4 fils — bobine 230 V, contact 1–2 Disjoncteur éclairage L N Télérupteur CONTACT 1 2 A1 A2 Luminaire(s) Poussoir 1 Poussoir 2 Les poussoirs sont câblés en parallèle. La terre vers les luminaires n’est pas représentée pour alléger le dessin.
Schéma de principe d’un montage 4 fils courant. La position A1/A2 et le repérage 1/2 peuvent varier : suivez toujours le schéma de la référence installée.
  1. Alimentez l’entrée du contact. Depuis la phase protégée du disjoncteur d’éclairage, raccordez la borne d’entrée du contact, ici 1.
  2. Raccordez la sortie vers les luminaires. La borne de sortie, ici 2, devient le retour lampe. Le neutre et la terre vont directement aux points lumineux.
  3. Câblez les boutons en parallèle. Une borne de chaque poussoir reçoit la même phase de commande ; toutes les autres bornes sont réunies vers l’entrée de bobine prévue par la notice.
  4. Fermez le circuit de bobine. Dans cet exemple, le retour poussoir arrive sur A1 et A2 rejoint le neutre. Sur certaines références, l’affectation indiquée est inversée.
  5. Contrôlez avant remise sous tension. Vérifiez le serrage, l’absence de cuivre apparent, la continuité du conducteur de protection et la conformité du schéma au modèle exact.

Télérupteur 3 fils ou 4 fils : quelle différence ?

L’expression « 3 fils » désigne un ancien mode de câblage dans lequel le circuit de commande partage une partie du chemin électrique avec la puissance. Il a été utilisé pour économiser un conducteur, notamment en rénovation. Le montage 4 fils distingue plus nettement la commande de la puissance et constitue aujourd’hui le choix le plus lisible pour une installation neuve.

CritèreMontage 4 filsMontage 3 fils
UsageMontage courant pour une installation neuve ou entièrement recâblée.Montage ancien rencontré en rénovation.
CommandeChemin de commande clairement séparé du retour lampe.Topologie partagée, propre au schéma compatible du fabricant.
CompatibilitéLarge, sous réserve de la tension de bobine et du schéma exact.Uniquement si le télérupteur porte explicitement un mode 3 fils ou un sélecteur adapté.
DiagnosticPlus intuitif car les fonctions sont séparées.Plus délicat ; une mauvaise substitution peut créer un court-circuit.

Ne convertissez pas un montage 3 fils par déduction. Photographiez l’ancien câblage, relevez sa référence et consultez sa notice. Le remplaçant doit annoncer noir sur blanc la compatibilité 3 fils. Schneider propose par exemple des modèles dotés d’un sélecteur 3/4 fils ; ce n’est pas une propriété universelle de tous les télérupteurs.

Si aucun remplaçant compatible n’est disponible, la solution propre consiste souvent à tirer le conducteur manquant et à passer en 4 fils. Cette décision doit résulter d’un repérage complet du circuit, pas du nombre de fils visibles dans une seule boîte : des dérivations peuvent se trouver au tableau, dans une boîte de connexion ou au point lumineux.

Comment raccorder plusieurs boutons-poussoirs ?

Tous les boutons destinés au même télérupteur se raccordent en parallèle. Ils disposent ainsi du même potentiel d’un côté et rejoignent la même entrée de commande de l’autre. Appuyer sur n’importe lequel ferme momentanément le circuit de bobine. Il ne faut pas les câbler en série : il faudrait alors presser tous les boutons simultanément pour obtenir une impulsion.

  • Choisir des poussoirs normalement ouverts et momentanés.
  • Réunir toutes les arrivées de commande sur une même borne logique.
  • Réunir tous les retours poussoir vers l’entrée de bobine prévue.
  • Repérer les conducteurs de façon durable dans le tableau.
  • Respecter la tension et le courant admis par l’entrée de commande.
  • Vérifier la compatibilité des poussoirs lumineux avec le modèle.

Le nombre de poussoirs ordinaires non lumineux est généralement élevé, mais il n’existe pas de valeur universelle à appliquer à toutes les références. Les voyants intégrés laissent circuler un faible courant et leur cumul peut provoquer un bourdonnement ou des déclenchements indésirables sur une bobine ou une entrée électronique. Certaines notices donnent donc une limite précise, par exemple un nombre maximal de poussoirs lumineux. Cette valeur appartient au produit, pas au principe du télérupteur.

Choisir le bon télérupteur de remplacement

La mention 16 A en façade ne suffit pas. Il faut faire correspondre la tension de bobine, le nombre de pôles, le type de charge et le mode de câblage. Une charge LED présente notamment un courant d’appel qui peut être très supérieur à sa consommation stabilisée ; la puissance LED admissible indiquée par le fabricant est donc plus utile qu’un calcul basé uniquement sur 16 A × 230 V.

Bobine

230 V, 24 V ou 12 V

La tension de commande doit correspondre exactement au circuit. Une bobine 24 V ne se raccorde pas directement au secteur 230 V.

Pôles

Unipolaire ou bipolaire

L’unipolaire coupe un conducteur actif. Le bipolaire commute simultanément deux conducteurs lorsque le projet l’exige.

Confort

Électromécanique ou silencieux

Un modèle électromécanique émet un « clic ». Un modèle silencieux est intéressant près d’une chambre ou dans un tableau situé dans le séjour.

Charge

LED, halogène ou moteur

Consultez le tableau de charges de la référence. Les puissances autorisées varient fortement selon la technologie alimentée.

Vérifiez aussi la largeur en modules DIN, la présence d’une commande manuelle en façade, la compatibilité 3/4 fils si vous conservez un ancien réseau, et les éventuels auxiliaires. Un télérupteur connecté nécessite parfois un neutre permanent ou une configuration spécifique : son schéma ne doit pas être assimilé à celui d’un modèle électromécanique classique.

Le télérupteur ne fonctionne pas : diagnostic méthodique

Un dépannage efficace sépare toujours la commande de la puissance. Le « clic » indique que la bobine et au moins une partie du circuit de poussoirs réagissent ; il ne prouve ni la fermeture correcte du contact ni l’arrivée de la phase de puissance.

SymptômeCauses probablesContrôle professionnel
Aucun clic, aucune lumièreAbsence de tension de commande, poussoir défectueux, retour poussoir coupé, mauvaise tension de bobine ou bobine hors service.Mesurer l’impulsion entre les bornes de bobine conformément au schéma du produit.
Le télérupteur clique, la lampe reste éteintePhase de puissance absente, contact usé, sortie mal raccordée, défaut du luminaire ou neutre interrompu.Contrôler séparément entrée, sortie commutée et alimentation du point lumineux.
La lampe reste toujours alluméeContact collé, pontage involontaire entre phase et retour lampe, mauvais contact utilisé.Comparer le câblage au symbole de contact et tester le contact hors tension.
Bourdonnement continuBouton bloqué, tension de bobine incorrecte, poussoir lumineux incompatible, alimentation permanente au lieu d’une impulsion.Couper immédiatement et rechercher pourquoi la bobine reste alimentée.
Déclenchement du disjoncteurCourt-circuit, confusion bobine/contact, conducteur pincé ou conversion 3/4 fils incorrecte.Ne pas réarmer en boucle ; isoler et mesurer chaque branche hors tension.
LED qui scintillent éteintesCourant résiduel de poussoirs lumineux, électronique de commande ou capacité des câbles.Vérifier la notice et employer uniquement l’accessoire de compensation prévu par le fabricant.

Bon réflexe en rénovation : avant de débrancher, réalisez plusieurs photos nettes, étiquetez chaque conducteur selon sa borne d’origine et notez la référence complète. Une photo de fils non repérés après démontage ne permet plus de reconstruire sûrement la topologie.

Questions fréquentes sur le branchement d’un télérupteur

Où brancher la phase sur un télérupteur ?

Sur un montage 4 fils courant, la phase protégée alimente l’entrée du contact de puissance, souvent repérée 1, et un côté des boutons-poussoirs. Le repérage réel du contact peut être différent : contrôlez le symbole imprimé sur l’appareil.

À quoi servent A1 et A2 ?

A1 et A2 désignent généralement les deux bornes de la bobine. Une impulsion à la tension nominale entre ces bornes fait changer l’état du contact. Selon le modèle, le retour poussoir et le neutre peuvent être affectés à A1/A2 dans un ordre imposé par la notice.

Peut-on remplacer un télérupteur 3 fils par un modèle 4 fils ?

Pas directement si le conducteur nécessaire n’existe pas. Il faut soit choisir une référence explicitement compatible avec le montage 3 fils existant, soit repérer tout le circuit et ajouter le conducteur manquant pour le convertir proprement en 4 fils.

Faut-il un interrupteur ou un bouton-poussoir ?

Un télérupteur classique attend une impulsion brève fournie par un bouton-poussoir normalement ouvert. Un interrupteur maintenu laisserait la bobine alimentée en continu sur beaucoup de modèles, avec risque de bourdonnement ou de détérioration.

Combien de boutons-poussoirs peut-on installer ?

Plusieurs poussoirs non lumineux peuvent être raccordés en parallèle, mais la limite exacte appartient au produit. Les poussoirs lumineux sont plus contraignants à cause de leur courant résiduel : respectez le nombre et le type autorisés par la notice.

Pourquoi le télérupteur clique-t-il sans allumer la lampe ?

Le circuit de commande fonctionne probablement, mais la puissance peut être absente : phase non présente sur l’entrée du contact, contact usé, sortie mal raccordée, neutre coupé ou luminaire défectueux. Chaque partie doit être mesurée séparément.

Pourquoi le télérupteur bourdonne-t-il ?

La bobine peut rester alimentée à cause d’un poussoir bloqué ou d’une erreur de câblage. Une tension inadaptée ou trop de poussoirs lumineux peuvent aussi être en cause. Coupez le circuit et faites contrôler le montage sans laisser la bobine chauffer.

Un télérupteur 16 A accepte-t-il toutes les lampes LED ?

Non. Le courant d’appel des drivers LED impose souvent une limite spécifique, très inférieure à la puissance théorique calculée avec 16 A. Consultez la puissance LED et le nombre de lampes admis dans la fiche technique.

Sources techniques

Ce guide explique les principes et ne remplace ni le schéma de la référence utilisée, ni le contrôle de l’installation, ni les prescriptions intégrales du RGIE en vigueur.

Besoin du bon matériel pour votre tableau ?

Télérupteur silencieux, modèle compatible LED, boutons-poussoirs ou protections : choisissez sur base de la tension de commande, du câblage existant et de la charge réelle.

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